Sur-Ron Light Bee 2 ou E Ride Pro 4.0 : ce qu’en disent ceux qui les ont roulées

Julien
12 min de lecture
Illustration recomposée avec IA à partir des photos officielles Sur-Ron et E Ride Pro.
Summarize with AI

La Sur-Ron Light Bee 2 et la E Ride Pro 4.0 coûtent toutes les deux autour de 5 800 € en France. Sur la fiche, la Sur-Ron gagne presque partout. Mais si vous êtes costaud ou si vous aimez sauter, la 4.0 a de sérieux arguments.

Nous n’avons roulé ni l’une ni l’autre. En revanche, nous avons épluché une trentaine de vidéos, de Los Angeles à Melbourne en passant par l’Allemagne, et une cinquantaine de discussions Reddit. On n’a gardé que ce qui revient chez plusieurs pilotes.

Le choix en trente secondes

  • Moins de 85 kg sans l’équipement, sentiers et terrain technique : Light Bee 2. Plus légère, meilleurs freins. Prévoyez des pneus.
  • 85 kg et plus, ou vous sautez beaucoup : regardez la 4.0 en premier. Suspensions plus fermes, charge admissible plus haute.
  • Pour un ado de 14 ans avec le permis AM : 4.0 L1e, la version bridée à 45 km/h. Il n’existe pas de Light Bee 2 équivalente en Europe.

Sur le papier : 6 kW et 11 kg d’écart

Donnée annoncéeLight Bee 2 XE Ride Pro 4.0 tout-terrain
Puissance de pointe24 kW18 kW
Poids avec batterie65 kgEnviron 76 kg
Charge maximale100 kg120 kg (fiche US)
Batterie3,53 kWh3,60 kWh
Freins4 pistons, disques 220/203 mmDisques 220/220 mm
TransmissionRéducteur intégré + chaîneCourroie + chaîne
Fiches Sur-Ron Europe, E Ride Pro États-Unis, Elec Super Bike et Adrenalin’E-Ride. Versions tout-terrain, masses arrondies.

Le chiffre qui compte le plus ici, c’est la charge. Sur-Ron annonce 100 kg : tout ce que la moto porte, pilote et équipement compris. Casque, bottes, protections et sac pèsent vite 8 à 10 kg. D’où notre seuil de 85 kg sur la balance, sans rien sur le dos. La 4.0 monte à 120 kg selon E Ride Pro US, et Adrenalin’E-Ride annonce même 137 kg. Demandez cette valeur par écrit au vendeur.

Onze kilos de moins pour la Sur-Ron, ça se sent quand il faut la relever dans une pente ou la hisser dans un utilitaire. Le youtubeur allemand AAurum a posé sa Light Bee 2 route sur une balance : 68 kg, pile la fiche de cette version.

Light Bee 2 : la puissance est là, les pneus non

La Light Bee 2 plafonne autour de 90 km/h, et presque tous les essais le confirment. Trois pilotes de Los Angeles lisent 57 mph (92 km/h) au compteur. En Chine, au lancement, Electric Dreams sort un radar sur téléphone : 86 km/h, puis 92 km/h une fois compris qu’il faut appuyer deux fois pour le turbo.

Les 24 kW ? Seulement en turbo, une dizaine de secondes par pression (vingt selon AAurum). Le mode Sport plafonne à 19 kW et le mode manuel à 21 kW, d’après un employé de concession américain sur Reddit. Au démarrage, ça pousse en douceur. En montée, c’est une autre histoire. Sam Pilgrim, pilote pro de VTT freeride, enchaîne des côtes raides sans même avoir besoin du turbo. Puis, turbo enclenché, il monte au sommet d’une pente où une ancienne Light Bee de 8 kW s’était arrêtée.

Les freins mettent presque tout le monde d’accord. « Presque comme des freins de VTT, très dosables », dit l’Américain John Hicks. Même Electrix Moto, un magasin qui vend aussi la 4.0, les classe parmi les meilleurs du marché.

Les pneus CST d’origine, eux, se font descendre, surtout sur terrain meuble ou mouillé. « Le point faible de cette moto », tranche Hicks, qui chute dans la terre malgré le contrôle de traction. AAurum, sous la pluie, n’a « aucun grip ». Vous pourrez au moins monter plus large : Electric Dreams mesure 138 mm de place à l’arrière, pour un pneu d’origine de 130 mm.

Light Bee 2 blanche en roue arrière sur une image de lancement Sur-Ron. Le contrôle de wheelie limite l’angle maximal, pratique pour apprendre. Photo : Sur-Ron.
Light Bee 2 blanche en roue arrière sur une image de lancement Sur-Ron. Le contrôle de wheelie limite l’angle maximal, pratique pour apprendre. Photo : Sur-Ron.

Trois autres reproches reviennent :

  • Le guidon bas. Trois essayeurs le trouvent trop bas pour rouler debout, et Hicks, avec ces roues de 19 et 18 pouces, a l’impression de passer par-dessus en descente. Leur premier conseil : une rehausse de guidon.
  • La suspension, trop souple pour les gros sauts. Zay Solis arrive en butée à la réception, AAurum aussi. Pour la balade et le sentier, Hicks la trouve suffisante. Mais un pilote d’environ 77 kg juge déjà l’amortisseur un peu mou : au-delà, faites vérifier le ressort arrière.
  • Les repose-pieds, jugés médiocres, et glissants sous la pluie.

Les aides (contrôle de traction, de wheelie, mode crawl pour avancer au pas) rassurent un débutant. Hicks, lui, veut couper le contrôle de traction, qui « se bat » avec lui. Voir notre guide des réglages.

E Ride Pro 4.0 : plus lourde, mais taillée pour les gros gabarits

La 4.0 a été beaucoup moins essayée, et surtout par des gens qui la vendent : des revendeurs et un youtubeur payé par la marque. Leurs retours se recoupent, mais nous les lisons avec cette réserve en tête.

Côté vitesse, c’est à peu près pareil. L’Australien Willxo lit 96 puis 97 km/h sur un compteur que personne n’a vérifié au radar.

Les suspensions, elles, n’ont plus rien à voir. La 4.0 reprend les ressorts de la SR, la version haut de gamme de la marque. Le revendeur allemand EmotoWorld passe la 3.0 et la 4.0 dans la même descente : « le jour et la nuit ». Lui pèse 75 kg, la trouve un peu raide et estime que tout pilote de plus de 70 kg s’y sentira bien. C’est l’inverse de la Light Bee 2, et les pilotes lourds y trouveront plus facilement leur compte.

Sur les freins de la 4.0, les avis divergent. Electrix les juge encore « en dessous »… et vend des freins de remplacement. Willxo et un propriétaire américain les trouvent bons en balade et en ville.

La 4.0 en version tout-terrain. Le cache latéral de batterie des photos officielles manquait sur les premiers exemplaires livrés aux États-Unis. Photo : E Ride Pro.
La 4.0 en version tout-terrain. Le cache latéral de batterie des photos officielles manquait sur les premiers exemplaires livrés aux États-Unis. Photo : E Ride Pro.

Ce que relèvent les premiers acheteurs et revendeurs :

  • Trois modes et une marche arrière, bien pratique coincé en sous-bois.
  • Pas de régénération au pouce, le frein moteur qui recharge la batterie : seulement deux niveaux au bouton. Un pilote californien l’a baissée dans l’appli, elle le freinait trop.
  • Des premiers lots marqués « 3.0 », et livrés sans caches latéraux aux États-Unis. En Europe, la moto se vend parfois sous le nom « 3.0 2027 ». Pour vérifier, Electrix conseille de chercher l’affichage de tension sous le capot de batterie.
  • Une selle glissante selon Willxo, et la première pièce qu’un acheteur américain compte changer, pour le confort.
  • Des pneus mixtes passables partout. Willxo a vu la différence en montant de vrais pneus tout-terrain.

Et la 4.0 marque un gros point, parce que son cadre est celui de la 3.0. Selles, ressorts, protections, guidons, tout existe déjà. Pour la Light Bee 2, l’équipe Sur-Ron a répondu au lancement que les pièces de l’ancienne Light Bee ne se montent pas, réponse dont le pilote qui a posé la question doute lui-même. Seul l’amortisseur garderait le même entraxe selon Electric Dreams, et le catalogue d’accessoires reste presque vide.

Prix, entretien et permis

La 4.0 est affichée à 5 790 € chez Adrenalin’E-Ride et Jo & Will. Un acheteur allemand dit avoir reçu sa version L1e en cinq jours.

La **Light Bee 2 route coûte de 5 880 € chez Elec Super Bike à 5 990 € montée** chez Adrenalin’E-Ride. Elle reste en précommande, avec des livraisons annoncées entre fin septembre et novembre. Prix relevés le 24 septembre. Dans les deux cas, exigez sur le devis le prix livré et immatriculé, le chargeur et le millésime exact.

Côté entretien, la Light Bee 2 abandonne la courroie pour un réducteur intégré. La 4.0 garde sa courroie primaire, bien connue des ateliers mais qui s’use. Personne n’a assez de recul pour parler fiabilité, et aucun test d’autonomie complet n’est sorti. Le relevé le plus complet vient du même employé de concession : 59 km avec 28 % restants sur la Light Bee 2, route et chemins, surtout en modes Sport et manuel.

Avec le permis AM, seule la 4.0 L1e est possible dès 14 ans selon les conditions officielles. Pour les versions route plus puissantes, le permis dépend du certificat de conformité de la moto : notre guide des permis détaille les cas.

85 kg, la ligne de partage

Vous pesez moins de 85 kg et vous roulez en forêt ou en terrain technique ? Prenez la Light Bee 2. Un jeu de pneus et une rehausse de guidon corrigent ses deux défauts principaux. Faites aussi régler les suspensions à votre poids dès la livraison.

Vous pesez plus, ou vous voulez sauter ? Partez sur la 4.0 : charge plus haute, ressorts plus fermes, pièces déjà au catalogue. Elle a onze kilos en plus, mais elle se met bien plus facilement à votre gabarit.

Vous voulez rouler cet automne ? La 4.0 est déjà livrée en Europe, la Light Bee 2 reste en précommande. Vérifiez le stock avant de payer.

Encore un doute ? Montez sur la balance avec casque et bottes. Si l’aiguille approche les 95 kg, la Light Bee 2 roulera au bord de sa limite : la question est réglée.

Partager cet article
Suivre :
Fondateur de Wattcross. Je teste, compare et décortique les motos électriques tout-terrain pour vous aider à choisir la vôtre.
Aucun commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

EXPLORER WATTCROSS.